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DMA casse les murs

Bombes H , 2010. Design / Production : Parsy & Debons Design

Le week-end dernier, la galerie DMA participait à Chic Art Fair, nouvelle foire Off dédiée à l’art contemporain et au design, dont la première édition se tenait à Docks en Seine.

Avant d’être une galerie, DMA est une association culturelle, créée à Rennes en 2004 et spécialisée dans « la diffusion et la promotion du design, des arts plastiques et des métiers d’art en Bretagne ». Avec un credo : le décloisonnement des genres. L’association gère également le webzine interculturel SempreCosi et est l’un des cofondateurs du site designenbretagne.com, dont l’objectif est de fédérer les acteurs bretons positionnés sur le design et l’innovation.

Autant dire que si vous habitez la Bretagne et que vous vous intéressez au design, je ne vous apprends rien. Pour les autres, Nicolas Prioux, le directeur de DMA, a accepté de revenir sur l’historique de cette initiative et de partager quelques réflexions sur les liens (actuels et souhaitables) entre design et métiers d’art.

Ensemble de meubles et d’objets de Erwan Mével, 2009. Production : Prototype Concept

DMA est l’acronyme de Design Métiers d’Art. Pourquoi ce nom ?

Nicolas Prioux : Les liens entre design et métiers d’art constituent le point d’origine de ce projet associatif, qui est né en région Bretagne. En 1995/96, quand je suis sorti des beaux-arts et que j’ai commencé à prospecter auprès d’entreprises, je me suis rendu compte que le secteur d’activité le plus intéressé par l’innovation était celui des métiers d’art. Il souffrait énormément au niveau économique et rencontrait des problèmes pour se développer. Donc, avec les métiers d’art, on a commencé à structurer une vraie réflexion autour de l’innovation en Bretagne. Ça s’est fait spontanément, au travers d’aventures entre des designers et des artisans, des céramistes, des verriers… On a commencé à développer des collections, qu’on présentait sur des salons comme Maison & Objet ou dans des galeries à Milan. Ça fonctionnait assez bien, il y a tout de suite eu un intérêt pour ces produits-là. Les métiers d’art en Bretagne étant structurés sous forme d’une association, on m’a demandé de structurer au sein de cette association-là un projet de design qui s’appelait au départ Design Métiers d’Art Bretagne.

Avec un objectif de développer les métiers d’art ?

NP : Oui, c’est ça. On a commencé à travailler sur des projets, mais il se trouve qu’à l’époque, cette association-là rencontrait déjà des difficultés financières, et elle a disparu un an après. À ce moment-là, je me suis dit qu’on ne pouvait pas abandonner tout le travail qui avait déjà été fait. Il y avait une dynamique qui s’était mise en place et il fallait la développer. Donc j’ai repris cette histoire-là à mon compte, et avec quelques collègues designers, on a décidé de créer DMA. Les premières années ont été structurantes parce qu’il fallait qu’on explique ce qu’on faisait, ce qui n’était pas du tout évident à l’époque. Le design, c’est une culture de l’image : on passe par la représentation formelle pour expliquer des concepts, des idées. On a donc décidé d’appliquer cette méthode à notre action de communication, en mettant en place des expositions à vocation pédagogique, emblématiques de l’innovation dans le domaine des métiers d’art. Ces expos ont été présentées en Bretagne, mais aussi à Paris, à la Biennale de Saint-Étienne, dans les régions…

A qui s’adressait cette pédagogie ?

NP : A la fois au grand public et aux métiers d’art puisque, à l’époque, les professionnels métiers d’art étaient vraiment dans une veille en matière d’innovation. Ils cherchaient des éléments de réflexion pour faire évoluer leur pratique. Ces éléments de réflexion étaient à la fois de l’ordre de la forme, de l’esthétique, et des process. Parce que lorsqu’on est tourneur sur bois, les process sont limités à cette activité de tournage. Mais aujourd’hui, pour pouvoir innover, il faut qu’une activité comme celle-là soit chaînée avec d’autres, sinon on est prisonnier d’une technique. Et puis les métiers d’art étaient aussi dans une veille en matière d’usage, puisque leur activité est centrée essentiellement sur la transformation de la matière, et pas trop sur l’invention de concepts. Donc, il y avait là aussi un vrai besoin de s’inscrire dans une réalité à la fois culturelle et économique : pour comprendre les comportements actuels et accompagner de nouveaux besoins en développant de nouveaux produits.

Donc vous jouiez le rôle d’intermédiaire entre ces métiers d’art et les designers ?

NP : C’est ça. Parce que ces deux métiers n’ont pas du tout la même culture. Le design a à la fois une culture de l’art et une culture de la méthode, qui est complètement différente de celle de l’artisanat d’art. Il y a aussi le fait que le designer n’est pas spécialisé sur un type de savoir-faire, une technique, ni centré sur un type de marché. Donc il fallait tenir compte de cet écart-là et tenter d’imaginer des modalités de rencontre et de compréhension entre ces deux cultures. Plutôt que de le faire par le discours, on a décidé de le faire par l’exemple, en montrant des produits qui nous semblaient emblématiques : parce qu’ils répondaient à un usage, parce qu’ils répondaient à toute une édification formelle que l’on considérait comme nouvelle et parce qu’ils représentaient une innovation dans la technique du métier d’art. Ces expositions ont circulé et, par ce biais-là, on a été contacté par un ensemble d’acteurs qui souhaitaient développer des projets. C’est comme ça qu’on a répondu à celui de Villedieu-les-Poêles…

Collection Villedieu : Structures 1 et 5. Design : Dominique Mathieu. Production : JB Créations.

De quoi s’agissait-il ?

NP : C’est une Chambre de Commerce qui est venue nous voir en nous disant : « Il y a une réflexion chez nous, on veut innover, on ne sait pas comment, mais on pense que ça peut se faire par le design ». Historiquement, Villedieu-les-Poêles est un haut lieu de la transformation des métaux. Après la guerre et jusqu’à la fin du XXe siècle, cette activité a connu un déclin. Le prix des métaux s’est mis à chuter et beaucoup d’entreprises ont dû fermer. Il y a aussi eu un problème de transmission des savoir-faire : des chefs d’entreprise sont partis en retraite sans trouver de repreneur. Donc, l’idée de ce projet était de travailler avec eux, en prenant en compte ces paramètres-là, pour valoriser leur savoir-faire et dynamiser leur notoriété.

En quoi a consisté votre intervention ?

NP : On a commencé par faire un travail pédagogique, pour expliquer clairement ce que l’on était en mesure de proposer. Puis on est passé en mode action pour concevoir l’ingénierie du projet, qui consistait à associer une quinzaine d’entreprises locales à autant de designers pour produire une collection d’objets très haut de gamme : des meubles, des accessoires, des luminaires… Cet ensemble devait montrer la capacité des artisans à être réactifs et innovants en les confrontant à des domaines d’application qui leur étaient étrangers. On a travaillé sur la structuration du projet, la recherche de financement, le calendrier, les objectifs… et le choix d’entreprises avec un savoir-faire spécifique, capables de tenir sur la durée. Parce que quand on démarre un projet comme celui-là, on ne peut pas voir sur le court terme : le projet a duré 5 ans. Il a débuté en 2004 et s’est achevé il y a peu de temps puisqu’on est entré en phase commerciale il y a deux ans.

Et le groupe de designers, comment l’avez-vous constitué ?

NP : C’était un réseau de personnes que l’on connaissait, parce qu’on était de la même génération ou qu’on les avait rencontrés via les expositions itinérantes. Et puis il y avait aussi, je pense, une volonté d’innover, une compréhension mutuelle… et une foi dans ce projet parce que ce n’était pas du tout évident. Étant une association, on n’était pas vraiment structuré pour ça : on n’avait ni les moyens, ni la logistique pour pouvoir sérieusement envisager de diffuser, faire de la communication…

Justement, comment s’est passée la commercialisation ?

NP : On a fait quelques salons et on a réalisé à peu près 50 000€ de chiffres d’affaires sur les deux ou trois pièces qu’on avait éditées. La commercialisation a tenu un an et demi, puis on a été rattrapé par la crise. Aujourd’hui on n’a plus une seule entreprise qui veuille poursuivre l’édition, soit parce qu’elles ont disparu, soit parce que le contexte a changé et il n’y a plus de possibilité de les fabriquer telles qu’on les avait conçues. Ce sont des choses comme ça qui nous ont bloqués… et qui nous ont amenés à la conclusion qu’il est difficile de pouvoir développer de telles démarches avec des entreprises métiers d’art…

Collection Villedieu : table Jardin d’eau. Design : Jérôme Gauthier. Production : Atelier du cuivre.

Lorsqu’on voit la programmation de la galerie à présent, on voit que vous vous ouvrez sur d’autres disciplines : l’art contemporain, le graphisme…

NP : Oui, c’est aussi issu de ces bilans qu’on a pu tirer… Et puis je pense qu’un artiste ou qu’un architecte peut être autant designer qu’un designer. L’erreur, c’est de vouloir imaginer que le mot « design » puisse définir un métier. Pour moi, le design, c’est une philosophie. C’est à la fois une philosophie et une méthode : qu’est-ce que je souhaite développer et comment je vais mobiliser des moyens pour y arriver. C’est pour ça qu’on a fait évoluer ce projet : pour essayer d’abolir ces frontières entre l’art et le design, qui sont des frontières de corporation, des frontières institutionnelles, administratives parfois, même fiscales… L’idée, ce n’est pas de transformer les designers en artistes, c’est plutôt de développer ce qu’on appelle les économies créatives, de donner le moyen à la créativité de s’exprimer dans le champ économique.

Vous avez pris l’exemple de l’artiste et de l’architecte. Le professionnel métier d’art aussi ?

NP : Complètement, oui. Si, à un moment, il laisse son métier de côté et s’il est capable de se dire : quel projet, avec quels moyens, avec quel objectif, s’il est capable de mettre cette pensée-là en action, il est designer.

Selon vous, quels sont les atouts des métiers d’art aujourd’hui ? Le texte qui accompagnait l’exposition Hyperlocal (DMA Galerie, 2009), avançait l’idée que le mobilier standardisé et impersonnel des productions industrielles ne correspondait plus forcément aux besoins contemporains. Et que là, les métiers d’art avaient une carte à jouer…

NP : Je pense que l’esthétique est un emblème des forces économiques en présence. Aujourd’hui, l’esthétique dominante, c’est l’esthétique internationale, qui met en avant l’idée que l’on vit dans un monde mondialisé et que l’on n’a pas le choix, c’est comme ça. Pour moi, c’est tout l’inverse qu’il faut développer, c’est-à-dire relocaliser la pensée, l’action et la socialisation. C’est là que le design a un rôle à jouer. L’hyperlocalité, c’est à la fois être capable de s’inscrire localement dans une activité, de créer du lien avec l’environnement local -qu’il soit naturel ou social- et à la fois, faire en sorte que cette production existe en lien avec d’autres projets qui se font ailleurs. C’est-à-dire qu’il y a une conscience collective que cet effort doit être fait localement, et il y a une mise en lien parce qu’on échange des idées, qu’on est en lien avec tout ce qui se passe à l’extérieur. C’est ça aussi l’importance de ne pas être isolé et régionaliste. Donc forcément, les métiers d’art ont un rôle important à jouer ici puisqu’ils sont les acteurs de terrain. Dans la réalité, ce type de démarches est porté par très peu d’acteurs. Ce qui manque aujourd’hui véritablement aux métiers d’art pour se saisir de cette opportunité, c’est la culture de l’innovation.

De gauche à droite : Zag Carafe Medium, Large et Small. Design / Production : Atelier Polyhèdre.

C’est paradoxal par rapport avec ce que vous disiez avant, qu’il y avait une demande d’innovation de la part des métiers d’art…

NP : Oui il y a une demande, mais il y a un chaînon qui manque : c’est la culture de l’innovation. Cette culture, elle vient par le goût de la créativité, de l’expérience, de la prise de risque, de l’aventure un peu. Et puis il faut être conscient que l’innovation n’est possible qu’à condition d’agir en même temps sur trois paramètres : l’usage, l’esthétique et la technique. Il faut que les trois avancent en même temps, sinon on n’innove pas. La difficulté des métiers d’art aujourd’hui, c’est que sur le curseur technique, ils peuvent un peu avancer, sur le curseur esthétique, ils sont trop souvent dans la copie, et sur le curseur anthropologique, social, sur l’usage, il y a malheureusement très peu d’innovations. Donc il doit y avoir une rencontre dans des communautés créatives. Il faut que toute cette communauté s’inspire mutuellement, que les designers s’inspirent des artistes, que les artistes s’inspirent des designers, que les métiers d’art s’inspirent des artistes et réciproquement, des sociologues même, pour que tout ça puisse avancer. L’hyperlocalité, c’est le réseau qu’on arrive à construire localement, c’est la capacité à se mettre en position d’échange avec ceux qui vivent là.

Justement, au sujet de ces réseaux… il y a vous en Bretagne, le PEMA en Dordogne… Mais au-delà ? Un professionnel métier d’art qui voudrait mettre en place une démarche d’innovation, qu’est ce qu’il peut faire s’il travaille en dehors de ces communautés-là ?

NP : C’est bien ça la difficulté aujourd’hui. Idéalement, ce que nous sommes en train de faire en Bretagne, il faudrait que d’autres puissent le faire à leur mesure ailleurs. À la galerie, nous avons fait le choix de cette programmation qui mélange les genres : des designers avec des plasticiens, des graphistes… tout ça brasse une communauté qui est complètement différente. Quand on fait un vernissage, on a 500 personnes alors que les autres galeries, les centres d’art même n’arrivent pas à mobiliser autant de monde. La raison selon moi, c’est que l’on a réussi à élargir le champ de ces communautés, à décloisonner les genres.

Quels sont les liens qu’entretiennent les créateurs que vous exposez ici avec les métiers d’art ?

NP : Des liens étroits. Par exemple, Erwan Mével travaille très souvent avec des artisans : pour l’exposition qui a donné lieu à la production de la table qui est présentée aujourd’hui, il a notamment travaillé sur des pièces en céramique. De la même manière, Bertrand Pincemin a travaillé récemment avec un céramiste et un tourneur sur bois pour sa collection de contenants Phare. Antoinette Parrau fait beaucoup de pièces en céramique, comme des bijoux, avec l’aide de sa mère qui est céramiste. Pour Lazy_Days, ces grosses typos géantes de Jocelyn Cottencin, on a travaillé avec un artisan sellier… Gregory Parsy et Camille Debons sont eux dans un processus de sculpture sur leur projet, c’est-à-dire qu’ils font tout eux-mêmes, ils sont dans la pratique de la conception et de la fabrication. Et puis on travaille aussi beaucoup avec la société Prototype Concept, à côté de Rennes : c’est un artisan à la base qui est devenu prototypiste…

LAZY_DAYS, 2010. Design : Jocelyn Cottencin. Production : Amélie Rousset.

Vous disiez tout à l’heure que vous étiez ici dans une démarche différente des autres, qu’est ce que vous attendez de votre présence à la Chic Art Fair ?

On est aussi là pour vendre les pièces, clairement. Mais on est dans une démarche un peu différente parce que nous sommes dans un travail d’expérimentation. On a besoin de cette expérimentation pour promouvoir cette culture de l’innovation dont je parlais. Ces pièces-là par exemple circulent en Bretagne, dans d’autres expositions, d’autres départements… Donc cette collection est un peu à l’avant-garde de ce qu’on est capable d’imaginer en terme création de processus ou de création de forme.

Au niveau régional, est-ce que vous sentez que les efforts que vous avez entrepris jusqu’ici portent leurs fruits ?

Complètement, on sent aujourd’hui une vraie accélération… Cette année par exemple, il y a eu quatre événements importants en Bretagne dans le domaine du design : les Rencontres du Design à Lorient au mois d’avril ; les Ateliers du Design, qui étaient des rencontres vraiment ciblées sur des projets ; le projet Iddil, un grand projet régional qui porte sur le développement du tourisme par le design, et puis enfin ce portail du design qui est à présent répertorié comme un centre de design. Une telle conjonction d’évènements, ça ne s’était jamais produit avant. Et je crois que ce qu’on a fait y a contribué fortement : ça a contribué à éveiller les esprits, à apporter des éléments de travail pour que tout ça se mette en œuvre.

Vous disiez tout à l’heure que la condition pour que se développe cette culture de l’innovation dans les métiers d’art, c’est de constituer des communautés créatives. Est-ce que votre exemple est en train d’essaimer ?

Nous, on milite complètement pour ça. On travaille d’ailleurs actuellement avec la région Bretagne sur les contrats de pays, qui sont des contrats passés entre les régions et les pays, qui permettent de financer des actions d’aménagement et de développement. Cette année, en Bretagne, le Conseil Régional a demandé aux pays d’inclure un vrai volet culture, avec de l’art, du design, etc. Donc on a élaboré une fiche de design pour expliquer quel projet de design une commune pouvait mettre en place, comment ça pouvait se faire, à quel coût, avec quels types d’acteurs, pour quels objectifs, et comment évaluer tout ça. Bref, une fiche projet qui permet de passer à l’action. C’est déjà énorme en terme d’avancée, on est dans une sorte de bouleversement culturel. Les communes vont se rendre compte des potentiels qu’il peut y avoir à développer un projet. Donc ces contrats de pays vont permettre d’essaimer ce qu’on essaie de mettre en place, ou en tout cas de mettre en place des projets à l’échelle de la région mais vraiment au niveau de la localité.

Vous interviendrez au niveau de l’ingénierie ?

On intervient comme ressource sur l’ingénierie, c’est-à-dire sur le conseil, en essayant de définir un cahier des charges qui sera ensuite remis entre les mains du designer local s’il y en a un, ou de quelqu’un qui travaille sur place. Parce que l’idée, c’est de toujours travailler sur les ressources. Quand on arrive quelque part, on regarde d’abord les ressources locales et comment on peut les valoriser, comment on peut aider quelqu’un à se développer à partir de ces ressources. C’est là que le design intervient comme un moteur créatif.

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Au-delà de son activité à DMA, Nicolas Prioux est designer indépendant et responsable pédagogique design produit à l’Ecole de design de Nantes Atlantique.

Archibox Système, 2010. Design : Bertrand Pincemin. Production : Self Signal.


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  1. 11 mars 2011 à 9:32

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