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Michel Arnoult, saison 3 : vers un design durable (1976-2005)

Fauteuil Pelicano, de Michel Arnoult (2003)

Voici donc la troisième et dernière partie de cet article consacré à l’œuvre du designer Michel Arnoult. La chronologie de cette période, qui commence en 1974 avec la fermeture de Mobília Contemporânea, est plus incertaine.

En 1976, Michel Arnoult crée une nouvelle société, baptisée Senta, avec l’objectif de produire des meubles démontables pour l’exportation. L’activité de cette société se prolonge semble-t-il jusqu’en 1988, mais dès 1983, le designer s’associe à l’architecte Joaquim Mello et crée l’agence Arnoult & Mello Design industriel et Architecture. Je n’ai pas trouvé d’informations sur la production de cette agence, sinon qu’elle semblait également tournée vers l’exportation. D’autres sources mentionnent encore une activité freelance, à partir de 1986, dédiée à la conception de meubles pour des réseaux hôteliers…

Au-delà de ces aventures entrepreneuriales, la date clé de la période en ce qui concerne l’évolution du travail d’Arnoult semble être 1988 : cette année-là, il participe à un programme de recherche sur l’eucalyptus à l’Institut de recherche technologique de l’Université de São Paulo.

A cette époque, l’Europe n’autorise plus le commerce de meubles en bois d’extraction en provenance d’Amazonie. L’importation de bois de reboisement est en revanche autorisée. Dans ce domaine, le Brésil va privilégier la culture de l’eucalyptus, une espèce qui pousse très rapidement et présente un excellent rendement (un mètre cube de matière première industrielle en à peine six années). La fabrication de meubles en eucalyptus présente en outre un avantage évident sur l’aggloméré : elle ne nécessite pas d’équipement spécial, donc d’investissement coûteux.

Seul problème : le bois se fend lorsqu’on le sèche au four. C’est sur ce problème que va d’abord se pencher Arnoult, cherchant et trouvant de nouvelles techniques de séchage, avant de commencer à développer une ligne d’assises démontables et bon marché à partir de ce matériau. Encore une fois, il sera précurseur dans l’usage de bois de reboisement au Brésil et ne cessera dès lors d’intégrer les principes du développement durable à son activité de designer… cette préoccupation s’inscrivant chez lui dans la prolongation d’une démarche déjà soucieuse d’optimiser l’usage des matières premières et de limiter le plus possible leur gaspillage.

Son engagement en faveur d’un design durable est récompensé en 2003 lorsque son fauteuil Pelicano se voit décerner le premier prix de la catégorie Mobilier au 17e Prix du Design du Museu da Casa Brasileira. Composé d’une structure en eucalyptus sur laquelle est suspendue une assise en coton, ce rocking-chair aux allures de bec de pélican reproduit le balancement et la sensation de lévitation du hamac.

Pour le reste, on retrouve les préoccupations habituelles du designer : simplicité de la structure, qui permet une production de série à moindre coût ; facilité de montage et d’entretien (la toile peut être facilement retirée et lavée) ; optimisation du stockage et du transport grâce à un conditionnement compact et léger.

Ligne Trio, de Michel Arnoult (2005)

Avant sa disparition en mars 2005, à l’âge de 83 ans, Michel Arnoult aura le temps de concevoir trois autres lignes de tables, chaises et fauteuils (Trio, Gwen et Garden), toutes basées sur un même élément constructif : des lattes en eucalyptus de reboisement, d’environ 7 cm de large et 22 cm de long.

Ces dernières créations illustrent la persistance des partis pris du designer, ce que celui-ci reconnaissait d’ailleurs bien volontiers : « C’est vrai, je développe le même programme depuis 30 ans, avec une passion pour le bois et les produits bien faits. Je ne m’intéresse pas à la poursuite de la nouveauté. En outre, l’évolution du mobilier est nulle. Depuis Toutânkhamon, la conception d’une chaise est la même ! »

Surtout, l’œuvre d’Arnoult posséde les mêmes caractéristiques que l’on prête habituellement au design brésilien dans son ensemble : un amour et une profonde connaissance du bois, un respect pour l’environnement antérieur à tout phénomène de mode, et une recherche permanente du confort et de la simplicité des formes.

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  1. mobilier design
    3 janvier 2012 à 10:22

    Merci pour les informations sur cet artiste. Impressionnant son parcours. Comme on dit, c’est un vrai parcours de combattant.

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